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L’IMPORTANCE DES SELS MINERAUX

par le Docteur Jean-Marie MARINEAU

Au cours du régime hyperprotéiné en phase active, où l’apport de tout aliment solide est exclus, il est obligatoire de fournir à l’organisme sa ration quotidienne de nutriments essentiels. Nous devons donc prescrire à nos patients tous les sels minéraux en fonction des exigences quotidiennes établies par l’OMS. Nous connaissons depuis longtemps l’action vitale jouée par les sels minéraux dans l’intégrité cellulaire du corps humain. L’apport judicieux et bien dosé de ces sels dans un jeûne protéiné exige du thérapeute une connaissance bien éclairée de la physiologie humaine.Tous les sels minéraux ont leur importance et chacun joue un rôle particulier dans l’organisme. Je voudrais toutefois insister sur trois sels dont la présence et le bon dosage sont capital pour la santé de nos patients et pour la bonne marche et la sécurité d’un régime hyperprotéiné.

L'importance des sels mineraux dans la diete proteinee

1. rôle du potassium

Le potassium est le principal cation intracellulaire. En outre, il est un déterminant majeur du volume cellulaire et de l’osmolarité des liquides corporels. De plus, il est un important cofacteur de nombreux processus métaboliques. Le potassium extra-cellulaire exerce une grande influence sur le fonctionnement neuromusculaire. C’est au cours d’un régime hyperprotéiné que le potassium prend toute son importance. Il est responsable de la contraction musculaire et de la conduction des impulsions nerveuses. Personne n’ignore le rôle vital que joue le potassium sur les contractions du muscle cardiaque.

2. ses besoins

Parmi les sels minéraux, est-il nécessaire de rappeler que les besoins quotidiens du potassium au cours d’un régime hyperprotéiné ? Ils sont de 40 mEq (5 g) et que 20 p. cent des malades ont besoin de 55 à 70 mEq (6 à 8 g). D’ailleurs, les professeurs Blackburn, Janis ou Amatruda prescrivent toujours à leurs patients entre 55 et 70 mEq de potassium quotidiennement. Chez les sportifs, il est important, à cause de la déplétion due à la sudation notamment, on peut augmenter la dose quotidienne de potassium de 10 mEq (1 g) pour éviter la faiblesse musculaire.

3. l’hypokaliémie

Cette condition doit tout d’abord être évitée en prenant soin de prescrire le bon dosage de potassium. C’est-à-dire au moins 40 mEq (5 g). Elle doit être corrigée dans l’éventualité où elle survient puisque les caractéristiques les plus manifestes de l’hypokaliémie et de la déplétion potassique sont d’ordre neuromusculaire. Il est important de se rappeler que certaines hormones comme l’insuline module la distribution du potassium entre les milieux extracellulaire et intracellulaire. L’insuline stimule l’entrée du potassium dans les cellules. Cette hormone, dans le but d’éviter son effet anabolique sur le métabolisme des triglycérides, est maintenue au plus bas niveau. Il serait donc dangereux de prescrire une dose de potassium en deçà des besoins minimums à nos patients, c’est-à-dire 40 mEq (5 g) par jour. Les caractéristiques les plus manifestes de l’hypokaliémie et de la déplétion potassique sont d’ordre neuro-musculaire. Presque toujours, une faiblesse musculaire des membres inférieurs et dorsalgie. Ces deux signes sont les témoins fidèles d’une diminution potassique dans le milieu intracellulaire. Seul un apport en potassium permet de combler les besoins minimums d’un individu. Tandis qu’au cours d’un jeûne absolu, une certaine quantité de ce sel est libéré par la protéolyse.

4. l’hyperkaliémie

En dehors d’une insuffisance rénale aiguë ou d’une insuffisance rénale chronique grave, il faut rarement craindre une hyperkaliémie au cours d’une diète protéique. Nous savons que la quasi-totalité des 50 à 150 mEq de potassium absorbé quotidiennement dans notre nourriture est excrétée dans l’urine. Il n’y a donc aucune possibilité d’hyperkaliémie dans un régime hyperprotéiné puisque nous ne donnons en moyenne que 40 à 70 mEq de potassium. D’ailleurs, chez un individu en santé qui présenterait une hyperkaliémie, l’excès de potassium serait rapidement excrété. La moitié environ d’une surcharge aiguë apparaîtrait dans l’urine au cours des 12 heures qui suivraient.

5. les types de potassium

Au cours d’un régime hyperprotéiné, nous devons utiliser de préférence un potassium dont l’anion est métabolisable (tartrate ou bicarbonate). Notamment, pour contrebalancer la légère acidose qui survient et pour éviter l’ulcération intestinale. Toutefois, plusieurs médecins utilisent un chlorure de potassium sans constater d’inconvénients majeurs. En conclusion, le potassium joue, parmi les sels minéraux, un rôle particulier et essentiel sur le fonctionnement neuro-musculaire. Il oblige, de la part du thérapeute, une maîtrise parfaite des connaissances physiologiques de ce sel et de son application clinique.

LE CALCIUM

Les besoins calciques minimums chez l’adulte sont de 800 mg à 1 g par jour. Pour compenser le catabolisme osseux que l’on retrouve au cours d’une diète protéinée, le professeur Cahill a établi qu’il fallait fournir à l’organisme 1 g de calcium quotidiennement. Chez la femme ovariectomisée ou en post-ménopause, ces besoins montent à 1,5 g par jour. Donc, pour éviter la décalcification, nous devons insister auprès de nos malades pour qu’ils respectent nos prescriptions. Une hypocalcémie au cours d’une diète protéique se manifeste tout d’abord par des crampes musculaires nocturnes. En conclusion, il suffit d’augmenter la dose de calcium pour éliminer rapidement ces malaises.

LE SODIUM

Le sodium est le cation principal du liquide extra-cellulaire. Aussi, il joue un rôle capital dans la régulation de son volume et de son osmolarité. Au cours d’un régime hyperprotéiné, il faut éviter l’hyponatrémie puisque l’hypotension qui s’ensuit et les symptômes qu’elle provoque sont étourdissements, manque d’énergie et d’entrain, sensation de fatigue, somnolence et palpitations. Ils sont malheureusement interprétés par les patients comme une résultante et une conséquence du régime hyperprotéiné. Pour éviter l’hyponatrémie, il faut prescrire au moins 3 g de sodium par jour sous forme de NaCl dosé à 0,5 g : 6 comprimés en 3 prises. Il n’est pas rare de constater que certains patients ont besoin de 6 g de sodium par jour. Même à cause de l’hypotension orthostatique chez les sportifs, il ne faut pas hésiter à augmenter la dose de sodium. En France, Sel Erjean Code ACL/7392888

© Docteur Jean-Marie MARINEAU
Parution dans le bulletin d’information médicale N°2/1995-Protifast

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