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LE REGIME HYPERPROTEINE : LA METHODE MINCEUR

par le Docteur Jean-Charles THÉRÉSY ©

Le régime hyperprotéiné peut, dans certaines conditions bien précises, représenter une alternative intéressante aux régimes conventionnels. Ils sont souvent lents et longs, n’enlèvent pas la faim, favorisent les tentations et finissent même par ne plus faire maigrir. Tout d’abord, il consiste à apporter, au début sous forme de sachets hyperprotéinés, des quantités suffisantes de protéines pures. Cela pour préserver au mieux la masse maigre du sujet. Cette quantité est de 1,2 g par kg de poids idéal chez la femme et de 1,5 g par kg de poids idéal chez l’homme.

Objectifs du régime hyperprotéiné

Le regime hyperproteine : la methode

La qualité de ces protéines est aujourd’hui rigoureusement contrôlée. Il existe un indice chimique garant de la teneur en acides aminés essentiels, couplé à un indice de bonne digestibilité.

Le très faible apport glucido-lipidique de la première phase de ce protocole permettra de déclencher le catabolisme des triglycérides. C’est-à-dire de puiser dans les réserves de masse grasse du sujet, et ainsi d’aboutir en 72 heures environ à la formation de corps cétoniques qui ont de très intéressantes propriétés anorexigène et psycho-stimulante.

Rapidité, absence de sensation de faim, perte de graisse, tels sont les effets positifs initiaux du régime hyperprotéiné . Mais il n’en reste pas moins vrai que ce sont des protocoles qui peuvent être vécus comme frustrants. Ils doivent donc s’inscrire dans une dynamique plutôt globale de prise en charge du poids, sous surveillance médicale. Leur efficacité sur le long terme en dépend.

Le bon déroulement avec le régime hyperprotéiné comprend nécessairement 4 phases :

Phase préparatoire :

Elle correspond au bilan médical préalable au terme duquel on aura pu préciser les conditions de mise en route de la diète. Aussi, on aura traqué les éventuelles contre-indications, et qui comportera :

  • Un interrogatoire minutieux,
  • Un examen clinique complet,
  • Des examens complémentaires (prise de sang, ECG chez l’homme de plus de 40 ans).

Phase active :

Cette phase correspond à l’état de cétose provoqué par l’utilisation des réserves de graisse de l’organisme à des fins énergétiques. Presque toujours, on obtient la cétose en autorisant :

  • Des sachets hyperprotéinés et des légumes verts à faible teneur en sucre : c’est le régime hyperprotéiné strict.
  • Des sachets hyperprotéinés, des légumes verts et une protéine animale à l’un des repas: c’est la diète mitigée.

Dans les deux cas (stricte ou mitigée), cette diète devra s’accompagner d’une prescription médicale probable pour :

  • Les sachets hyperprotéinés,
  • Les vitamines, minéraux et oligo-éléments que l’on ne trouvera pas sous forme alimentaire dans cette première phase, dont l’organisme a besoin et dont la carence pourrait provoquer de sérieux effets secondaires.

Phase de transition :

C’est une phase qui se doit d’être progressive. Par conséquent, l’idée générale sera de réintroduire les aliments qui avaient été retirés lors de la phase active. Le schéma directeur de cette réintroduction alimentaire progressive est de le faire par groupes d’aliments (et non pas par nombre de calories). Au fur et à mesure que les différents groupes d’aliments seront autorisés, le médecin diminuera progressivement les vitamines et le nombre de sachets, pour tendre peu à peu vers une alimentation normale.

Le regime hyperproteine : la methode

Phase de maintien :

C’est la phase la plus importante le régime hyperprotéiné . Même si elle semble éloignée de la diète « pure et dure », car c’est à ce moment, qui peut durer plusieurs mois, voire une année, que se mettront en place les profonds et nécessaires changements d’habitudes alimentaires et de mode de vie. Les automatismes de rattrapage, les réflexes conditionnés de vigilance.

Le travail du médecin, au cours de cette phase, va être dirigé autour de 3 grands axes :

  • Diététique : diminution des lipides, Augmentation des glucides à index glycémique bas.
  • Métabolique : exercice physique régulier qui entretiendra la lipolyse, maintiendra la masse musculaire. Il permettra de ce fait une augmentation de la dépense énergétique de repos.
  • Comportemental : de manière à passer d’un stade purement cognitif (on sait ce qu’il faut faire) à un stade actif (on fait ce qu’il faut faire) puis enfin à un stade plus « naturel » (on est plus à l’écoute des signaux émis par l’organisme et qui permettent de percevoir ce qu’il est bon de faire, sans avoir à passer par la démarche intellectuelle d’y penser).

Conditions d’utilisation de la diète protéinée

En conclusion, les indications du régime hyperprotéiné concernent l’adulte de 18 à 65 ans en échec face aux régimes conventionnels. Presque tous les sujets à risque de complication de l’obésité : I.M.C. > 30, hypercholestérolémie, diabète non insulinodépendant, hypertension artérielle. Aussi arthrose vertébrale importante et des membres inférieurs, modifications androïdes de la répartition des graisses chez la femme à la ménopause.

Les contre-indications du régime découlent de son mode d’action et de son côté marginalisant. Enfant et adolescent, femme enceinte ou allaitant, insuffisance hépatique, rénale ou cardiaque, troubles du rythme, IDM et AVC datant de moins de 6 mois. Antécédents psychiatriques graves et de dépendance médicamenteuse.

Les effets indésirables les plus fréquemment rencontrés sont en général bénins et faciles à corriger. Par conséquent, disponibilité totale du médecin, et donc prescription médicale obligatoire. Hypotension orthostatique, faiblesse, vertiges, mauvaise haleine, céphalées, crampes, faiblesse musculaire, troubles du transit.

En conclusion, le régime hyperprotéiné est une arme particulièrement efficace dont dispose le médecin dans son arsenal thérapeutique pour prendre en charge les problèmes de surpoids . Ils sont gratifiants et très encourageants au début car ils enlèvent la sensation de faim et diminuent la masse grasse.

Ils ne restent néanmoins qu’un outil d’utilisation temporaire, courte et initiale, et ne changent pas le travail de fond global à accomplir pour modifier durablement sa silhouette.

Conférence de presse Protifast à Paris, le 30 novembre 2000

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